Années 90

1994, Vitry-sur-Seine, au 113 rue Camille-Groult, trois amis d’enfance Rim’K, AP et Mokobé forment un groupe de rap. Cinq ans plus tard, le 113 remporte un succès critique et commercial avec la sortie de leur premier album, « Les princes de la ville ». Avec des morceaux comme « Tontons du Bled », « Ouai gros » ou encore « Jackpotes 2000 » la popularité du groupe explose, de même que celle de leur collectif val-de-marnais, Mafia K’1 Fry. Outre le 113 et le groupe Intouchable, Mafia K’1 Fry rassemble des rappeurs tels que Rohff et Kery James, mais également des breakeurs comme Teddy Corona, ou encore des backeurs (OGB), des graffeurs (Douma), des beatboxeurs et DJ (DJ Mehdi).

L’habillage musical nerveux de DJ Mehdi, l’écriture sans concession de Rim’K et AP ainsi que la finesse d’observation des paroles se voient récompensés de deux Victoires de la musique en 2000. A l’occasion de la remise du meilleur album de rap, Abdelkrim Brahmi-Benalla, Yohann Dubaye et Mokobé Traoré arrivent sur la scène du Zénith dans la fameuse Peugeot 504, voiture emblématique des départs en vacances au « bled ». Les trois rappeurs interprètent alors le titre « Tontons du Bled » mais la Victoire la plus inattendue – pour une partie du public – est bien celle de « Révélation de l’année »…

Pour la célébrer, le 113 devait interpréter « Jackpotes 2000 ». Changement de programme, c’est le morceau « Les Princes de la Ville » qui est lancé. Ce dernier, critique acerbe de la politique de la ville, de la ghettoïsation et des conditions sociales des habitants de cité, est mal digéré par la production des Victoires. En revanche, la fierté est immense dans le 94. Quelques temps après, Rim’K déclarera dans une interview : « On vient de Vitry, c’est vraiment une banlieue difficile et quand je suis rentré des Victoires […] dans mon hall, j’ai posé la Victoire sur une poubelle, je l’ai regardée et j’ai dit Mission accomplie ! ».