Années 90

Avec l’ambition « de transformer le spectre visuel du film et (d’) amplifier la vision » du film La Haine, plusieurs rappeurs se rassemblent dans une compilation. Sens Unik, Assassin, La Cliqua, IAM et d’autres explorent, sans concession, le thème des violences policières avec des morceaux comme « l’Etat assassine » ou « Sacrifice de poulets ». Pour ce dernier, les rappeurs sarcellois du Ministère A.M.E.R seront poursuivi pour « injures publiques, provocations directes non suivies d’effet envers des fonctionnaires de police et apologie du terrorisme ».
Jean-Louis Debré, alors, ministre de l’intérieur et les syndicats de police estimant que l’appel au meurtre était évident. Ils seront condamnés à 250 000 francs d’amende en 1997.

La même année, NTM se verra infligé 50 000 francs d’amende et six mois d’interdiction d’exercer leur métier pour des propos tenus lors d’un concert à Toulon. Aux deux mois de sursis et 50 000 francs d’amende infligés en appel, NTM répondra par le titre « On est encore là » en 1998. Deux procès emblématiques d’une longue histoire tumultueuse entre rap, politique et justice.